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✂ Mode 🕑 8 min de lecture 📅 4 juin 2024

Quelle est la nouvelle coccinelle ?

On parle souvent de “nouvelle coccinelle” comme d’une espèce fraîchement découverte… ou d’un insecte arrivé récemment chez nous. Entre vraie nouveauté scientifique, espèce invasive et variations de couleur, le mot recouvre plusieurs réalités. Voici comment s’y retrouver, sans mythes ni erreurs d’identification.

Quelle est la nouvelle coccinelle ?

🔑 À retenir

  • Une “nouvelle coccinelle” peut être une espèce nouvellement décrite… ou une espèce récemment arrivée dans une région.
  • La coccinelle la plus souvent perçue comme “nouvelle” en France est la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), très variable de couleur.
  • Identifier une coccinelle se fait sur plusieurs critères (forme, pronotum, nombre/forme des taches), pas sur la couleur seule.
  • Certaines espèces introduites aident contre les pucerons, mais peuvent aussi faire reculer des coccinelles locales.
  • En cas d’observation inhabituelle, la photo et la remontée sur des plateformes naturalistes valent mieux que l’extermination.

La question « quelle est la nouvelle coccinelle ? » revient chaque année, portée par des photos virales et des observations dans les jardins. Problème : on mélange souvent trois choses différentes : une espèce nouvellement décrite par la science, une espèce récemment arrivée dans une zone (souvent invasive), et une espèce bien connue mais très variable d’apparence.

Pour répondre sérieusement, il faut distinguer la “nouveauté” scientifique (rare, documentée dans des revues, avec une description officielle) de la “nouveauté” vécue (l’insecte semble nouveau car il devient soudain visible). Dans les faits, en France et en Europe, la coccinelle le plus souvent prise pour « la nouvelle » est Harmonia axyridis, dite coccinelle asiatique, installée depuis les années 2000 mais encore perçue comme récente.

“Nouvelle coccinelle” : de quoi parle-t-on exactement ?

Dans le langage courant, « nouvelle coccinelle » sert à désigner tout insecte ressemblant à une coccinelle mais différent de l’image classique (rouge à sept points). Or la famille des coccinelles (Coccinellidae) compte des milliers d’espèces dans le monde, et plusieurs dizaines en France. Certaines sont rouges, d’autres orange, jaunes, noires, avec ou sans points, parfois même avec des motifs en virgules ou des marbrures.

En entomologie, une espèce « nouvelle » signifie : décrite récemment, avec un nom scientifique validé, un spécimen de référence (holotype) et une publication. Ce type de découverte existe, notamment dans les zones tropicales très riches, mais il est rare qu’elle concerne directement nos jardins métropolitains.

  • Nouvelle pour la science : espèce décrite récemment (publication, type, diagnostic).
  • Nouvelle pour une région : espèce observée pour la première fois localement (expansion naturelle ou introduction).
  • Nouvelle pour le public : espèce déjà présente mais soudain abondante, ou forme de couleur inhabituelle.

La candidate la plus probable en France : la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis)

Si vous avez l’impression de voir « une nouvelle coccinelle » depuis quelques années, il y a de fortes chances qu’il s’agisse de la coccinelle asiatique, Harmonia axyridis. Introduite dans plusieurs pays comme auxiliaire de lutte contre les pucerons, elle s’est largement répandue en Europe et s’observe aujourd’hui dans de nombreux milieux : jardins, parcs, haies, bords de champs, façades.

Pourquoi est-elle souvent prise pour une espèce inédite ? Parce qu’elle présente un polymorphisme marqué : certains individus ressemblent à une coccinelle « classique » rouge à points noirs, d’autres sont orangés, d’autres presque noirs avec deux taches rouges, et il existe des formes intermédiaires. Cette variabilité brouille l’identification à l’œil nu.

Autre indice : à l’automne, elle a tendance à se rassembler pour hiverner, parfois dans les habitations. Ce comportement de regroupement massif renforce l’impression d’une arrivée soudaine.

Pourquoi on l’appelle “nouvelle”

  • Variations de couleurs et de motifs très nombreuses
  • Apparitions en grands nombres certains automnes
  • Présente en ville comme à la campagne, donc très visible
  • Confusion fréquente avec des espèces locales rouges à points

Ce qu’il faut savoir

  • Elle n’est plus “nouvelle” : installée depuis des années en Europe
  • Elle peut entrer en compétition avec des coccinelles locales
  • Elle reste un prédateur efficace de pucerons
  • Son identification fiable demande d’observer plusieurs critères (dont le pronotum)

Comment reconnaître une coccinelle : méthode simple (et ses pièges)

L’erreur classique consiste à compter les points et à conclure trop vite. Le « nombre de points » est utile pour quelques espèces emblématiques, mais il existe des exceptions, des variations et des espèces très proches. Une identification robuste repose sur un faisceau d’indices : silhouette, taille, pronotum (la “nuque” derrière la tête), forme et netteté des taches, et parfois la pilosité.

Pour une observation fiable, prenez une photo nette de dessus et, si possible, une seconde de face (pronotum visible). Ajoutez le contexte : plante hôte, lieu, date. Ces informations valent parfois autant que la couleur.

  1. Observer la forme générale : ronde, ovale, allongée ; dôme très bombé ou plus plat.
  2. Regarder le pronotum : motifs clairs/foncés, “M” ou tache centrale, bords pâles.
  3. Noter la couleur de fond et la forme des taches (rondes, carrées, fusionnées).
  4. Estimer la taille (comparaison avec un ongle, une graine, un millimètre sur une règle).
  5. Vérifier le comportement : regroupement automnal, présence sur colonies de pucerons, etc.

Espèce découverte vs espèce introduite : pourquoi la confusion persiste

Sur les réseaux, on voit parfois circuler des noms séduisants du type « Coccinella nova » ou « nouvelle coccinelle tropicale ». Sans source scientifique vérifiable, méfiance : une espèce réellement décrite récemment s’accompagne de données traçables (auteurs, année, revue, diagnostic). L’absence de référence est un signal d’alerte.

En Europe, la “nouveauté” ressentie est plus souvent liée à des changements d’abondance (hivers plus doux, paysages plus fragmentés, pratiques agricoles) et à des espèces introduites, volontairement ou non. Une espèce peut être connue depuis longtemps ailleurs, mais nouvelle localement : c’est un phénomène courant avec le commerce international et les déplacements de plantes.

SituationCe que cela signifieCe que vous pouvez vérifier
Espèce nouvellement décriteNouveau nom validé par une publication scientifiqueAuteurs + année + revue ; description morphologique ; spécimen type
Nouvelle observation localePremière mention dans une région (extension/arrivée)Données d’observatoires naturalistes ; cartes de répartition ; confirmations
Forme “nouvelle” pour vousVariation de couleur/motifs d’une espèce déjà communeComparaison avec guides + photos ; pronotum ; plusieurs clichés

Quel impact écologique : alliée du jardin, mais pas toujours innocente

Les coccinelles sont célèbres pour leur rôle de prédatrices de pucerons. Beaucoup d’espèces, au stade larvaire comme adulte, consomment de grandes quantités de proies. Mais toutes ne se valent pas : certaines sont spécialisées, d’autres généralistes, certaines mangent aussi du pollen, et les interactions entre espèces peuvent être complexes.

Avec les espèces introduites, l’enjeu est double : elles peuvent contribuer à réduire certaines populations de ravageurs, mais aussi entrer en compétition avec des espèces locales (accès à la nourriture, sites de reproduction). Dans certains contextes, on observe des déplacements d’équilibre : la biodiversité « utile » n’est pas seulement une question d’abondance, mais de diversité d’espèces.

Que faire si vous observez une “nouvelle coccinelle” chez vous ?

La meilleure réaction n’est ni de paniquer ni de relâcher des coccinelles achetées au hasard. Commencez par documenter : photo nette, date, lieu (au moins la commune), plante support. Si l’individu est dans la maison, une remise dehors suffit généralement.

Pour contribuer utilement, le plus efficace est la remontée d’observation sur une plateforme naturaliste reconnue, où des identificateurs peuvent confirmer l’espèce. Une seule photo bien faite vaut mieux qu’une certitude approximative.

  • Photographier (dessus + face si possible), sans flash agressif.
  • Noter le contexte : sur quelle plante ? présence de pucerons ? nombre d’individus ?
  • Comparer avec des guides fiables avant de conclure.
  • Si regroupement dans la maison : aspirer doucement et relâcher dehors par temps doux, plutôt que d’utiliser des insecticides.

Pourquoi l’idée d’une “nouvelle espèce” séduit autant (et comment éviter les intox)

Une coccinelle “inconnue” coche toutes les cases du récit viral : petite, photogénique, facile à partager, et associée à la chance. Résultat : des noms circulent sans vérification, des photos sont mal légendées, et des variations naturelles sont présentées comme des découvertes spectaculaires.

Pour trier, appliquez trois filtres simples : (1) y a-t-il une source traçable (auteurs, institut, publication) ? (2) l’information est-elle reprise par plusieurs acteurs scientifiques ou naturalistes crédibles ? (3) les photos montrent-elles des critères diagnostiques, ou seulement une couleur “surprenante” ?

“En biodiversité, la surprise vient souvent de ce qu’on ne regardait pas, pas forcément de ce qui vient d’apparaître.”, Principe d’observation naturaliste
La “nouvelle coccinelle” s’appelle-t-elle vraiment Coccinella nova ?
Sans référence scientifique (auteurs, année, publication), ce nom doit être considéré avec prudence. Les espèces nouvellement décrites sont documentées et vérifiables. Dans la plupart des cas en France, la “nouvelle” observée correspond plutôt à une espèce déjà connue (souvent Harmonia axyridis) ou à une variation de couleur.
Comment distinguer une coccinelle asiatique d’une coccinelle locale ?
Ne vous fiez pas uniquement à la couleur. Regardez le pronotum (motifs clairs/foncés derrière la tête), la variabilité des taches et la tendance au regroupement en automne. Une photo nette de face et de dessus permet souvent une confirmation.
Est-ce grave d’avoir beaucoup de coccinelles chez soi ?
En extérieur, une forte présence signale souvent des pucerons ou des conditions favorables. En intérieur, certaines espèces cherchent un abri pour hiverner : ce n’est pas dangereux, mais gênant. Privilégiez la remise dehors plutôt que les insecticides.
Faut-il acheter et relâcher des coccinelles pour lutter contre les pucerons ?
C’est rarement la solution la plus pertinente. Selon l’espèce vendue, on peut introduire des individus non adaptés, ou perturber l’équilibre local. Mieux vaut favoriser les auxiliaires déjà présents (diversité de plantes, zones refuges, réduction des traitements).
Où signaler une coccinelle qui semble vraiment inhabituelle ?
Faites des photos exploitables (dessus + face) et déposez l’observation sur une plateforme naturaliste avec localisation et date. La validation par des identificateurs est le meilleur moyen de savoir si l’observation est remarquable (espèce rare, nouvelle mention locale, ou simple variation).

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