◆ HAVRE LIBRE★ Le média carré & coloré⚡ High-Tech✚ Santé✦ Culture❀ Bien-être◆ HAVRE LIBRE★ Le média carré & coloré⚡ High-Tech✚ Santé✦ Culture❀ Bien-être
❦ Environnement 🕑 8 min de lecture 📅 13 janv. 2023

Le bouturage : un moyen pratique pour obtenir des framboisiers !

Multiplier ses framboisiers sans racheter de plants est à la portée de tous, à condition d’utiliser la bonne technique au bon moment. Le bouturage n’est qu’une partie de l’équation : drageons, racines et marcottage donnent souvent de meilleurs résultats selon les variétés. Voici un guide fiable, concret et complet pour réussir.

Le bouturage : un moyen pratique pour obtenir des framboisiers !

🔑 À retenir

  • Pour les framboisiers, les drageons et les boutures de racines sont souvent plus efficaces que la bouture de tige.
  • Le meilleur moment se joue surtout en fin d’hiver (racines) et au printemps (jeunes pousses), hors gel et hors canicule.
  • Un substrat très drainant + humidité régulière sans excès = la base du taux de reprise.
  • Désinfecter l’outil et choisir une plante mère saine évite de propager maladies et virus.
  • Repiquez en pleine terre quand les racines sont formées et que la plante a repris (pas juste quand elle “fait du vert”).

Le framboisier (Rubus idaeus) est l’un des fruitiers les plus simples à multiplier… à condition de ne pas s’acharner sur la mauvaise technique. Dans le langage courant, on parle de bouturage dès qu’on « refait un plant » à partir d’un autre, mais, chez le framboisier, la multiplication la plus fiable passe souvent par les racines et les drageons (les rejets qui sortent du sol).

L’objectif est double : obtenir des plants identiques (même variété, même goût, même période de récolte) et repartir avec un végétal sain, vigoureux, bien implanté. Voici les méthodes qui marchent vraiment, le calendrier, le matériel, et les erreurs qui font échouer une série entière.

Bouturage : de quoi parle-t-on exactement (et pourquoi le framboisier est un cas particulier)

Le bouturage consiste à prélever un fragment de plante (tige, racine, parfois feuille selon les espèces) et à le faire enraciner pour obtenir un nouveau sujet génétiquement identique à la plante mère : c’est un clonage horticole. Sur de nombreux arbustes, la bouture de tige (bois sec ou semi-aoûté) est la voie royale.

Chez le framboisier, la plante a naturellement tendance à émettre des drageons à partir de son système racinaire. Résultat : les boutures de racines et le prélèvement de drageons donnent généralement des taux de réussite plus élevés que la bouture de tiges ligneuses, surtout pour le jardinier amateur. Les boutures de tiges restent possibles, mais elles demandent plus de maîtrise (hygrométrie, chaleur douce, prévention du dessèchement).

Choisir la bonne méthode selon le type de framboisier et la saison

Avant de couper quoi que ce soit, identifiez votre type de framboisier et votre objectif (quel nombre de plants ? pour une haie fruitière ? pour remplacer un pied vieillissant ?). Les variétés se comportent différemment : certaines drageonnent fort, d’autres restent plus sages.

MéthodeQuandPour qui / intérêtNiveau de difficulté
Prélèvement de drageons (rejets)Automne ou fin d’hiver (hors gel)Idéal si le pied émet des rejets ; résultat rapideFacile
Boutures de racinesFin d’hiver (février-mars selon régions)Très bon taux de reprise, même sans drageons visiblesFacile à moyen
Marcottage d’une canneFin d’été-automneUtile si peu de rejets ; peu de matérielFacile
Boutures de tiges (jeunes pousses)Printemps (pousses tendres) ou été (semi-aoûtées)Pour multiplier vite, mais demande ambiance humideMoyen à exigeant

Préparer la plante mère et le matériel : hygiène, choix des tiges, substrat

La plupart des échecs viennent d’un détail banal : outil sale, substrat asphyxiant, prélèvement sur un pied malade. Choisissez un framboisier productif, sans symptômes (feuilles déformées, mosaïques, nanisme, chancres sur cannes). En cas de doute, abstenez-vous : vous multiplieriez le problème.

  • Sécateur propre et bien affûté ; désinfection rapide (alcool à 70° ou eau de Javel très diluée, puis rinçage et séchage).
  • Gants et étiquettes (variété + date).
  • Contenants percés (godets, caissette) et soucoupes évitant l’eau stagnante.
  • Substrat drainant : terreau de semis + sable/perlite (environ 2/3, 1/3).
  • Arrosoir à pomme fine ou pulvérisateur pour humidifier sans détremper.

Méthode n°1 (souvent la meilleure) : prélever et replanter des drageons

Le drageon est une jeune tige qui sort du sol à quelques dizaines de centimètres du pied mère. Comme il est déjà connecté au réseau racinaire, il a un avantage décisif : il « sait » faire des racines. L’opération s’apparente à une mini-division.

  1. Repérez un drageon vigoureux (idéalement crayon à doigt), à 20-50 cm du pied mère.
  2. Arrosez la veille si le sol est sec : vous limiterez la casse des racines.
  3. Avec une bêche, tranchez net le lien racinaire entre drageon et pied mère, puis soulevez une motte autour du drageon.
  4. Raccourcissez la tige à 20-30 cm si elle est longue : moins de surface à alimenter, meilleure reprise.
  5. Replantez immédiatement à la même profondeur, tassez, arrosez copieusement, paillez.

Après plantation, gardez le sol frais les 3-4 premières semaines. Un drageon bien prélevé peut repartir rapidement, mais ne confondez pas « feuilles vertes » et enracinement solide : évitez de le laisser manquer d’eau au premier coup de chaud.

Méthode n°2 : boutures de racines (fiables, discrètes, efficaces)

La bouture de racine est une technique très adaptée au framboisier. Elle consiste à prélever des fragments de racines sur un pied sain et à les faire produire de nouvelles pousses. Elle se pratique surtout en fin d’hiver, quand la plante est au repos ou redémarre à peine.

  1. Dégagez délicatement la terre au pied d’un framboisier sain pour repérer des racines de diamètre proche d’un crayon (ou un peu moins).
  2. Prélevez des segments de 5 à 10 cm. Faites une coupe bien nette.
  3. Conservez le sens si possible : un repère simple est de couper l’extrémité “côté pied” bien droite et l’autre en biseau.
  4. Plantez horizontalement dans un bac (ou en pépinière au jardin), à 2-3 cm de profondeur, dans un substrat léger et humide.
  5. Maintenez à l’abri des pluies battantes et du gel ; humidité régulière, sans saturation.
  6. Quand des pousses apparaissent et que les plants ont plusieurs feuilles, repiquez en godets individuels, puis en place.

Méthode n°3 : boutures de tiges (possible, mais plus technique)

On peut bouturer des tiges de framboisier, surtout à partir de jeunes pousses (boutures herbacées) ou de tiges semi-aoûtées en été. L’enjeu principal est d’éviter la déshydratation avant l’émission de racines : sans racines, la bouture ne boit pas.

  1. Prélevez le matin une tige saine, non florifère, de 10-15 cm, avec 2 à 3 nœuds.
  2. Coupez sous un nœud, retirez les feuilles du bas et ne gardez que 1-2 feuilles au sommet (au besoin, réduisez-les de moitié).
  3. Plantez dans un substrat très drainant, tige enfoncée sur 3-5 cm.
  4. Placez sous atmosphère humide : mini-serre, sac plastique transparent perforé, ou châssis lumineux sans soleil direct.
  5. Aérez chaque jour quelques minutes pour limiter les champignons, et maintenez le substrat juste humide.
  6. Attendez une résistance à la traction (signe d’enracinement) avant de repiquer.

Après la multiplication : repiquage, plantation définitive et conduite des cannes

La réussite ne se joue pas seulement à l’enracinement : elle se confirme au repiquage. Un jeune framboisier doit s’installer dans un sol vivant, drainant, riche en matière organique, mais sans excès d’azote rapide.

  • Sol : ameubli sur 25-30 cm, enrichi en compost mûr (pas de fumier frais).
  • Espacement : souvent 40-60 cm entre pieds et 1,2-1,8 m entre rangs selon conduite.
  • Arrosage : régulier la première saison ; le stress hydrique réduit la reprise et la future fructification.
  • Paillage : utile contre la sécheresse et les adventices, mais gardez le collet dégagé.
  • Palissage : un fil ou un treillis limite la casse et améliore l’aération (moins de maladies).

Côté taille, retenez la logique suivante : les framboisiers non remontants fructifient sur les cannes de l’année précédente ; les remontants fructifient en fin d’été/automne sur les cannes de l’année (et parfois à nouveau l’année suivante selon conduite). Adaptez la taille à votre variété, sinon vous risquez de couper… votre récolte.

Problèmes fréquents et diagnostics rapides (ce qui fait échouer les boutures)

Bonnes pratiques

  • Prélever sur un pied sain et productif
  • Substrat léger, aéré, très drainant
  • Humidité régulière, sans eau stagnante
  • Outils désinfectés, manipulations propres
  • Repiquer seulement après enracinement réel

Erreurs classiques

  • Boutures prélevées sur un pied malade ou affaibli
  • Terreau compact et trop humide → pourriture
  • Plein soleil ou air trop sec → dessèchement
  • Excès d’engrais → brûlures, croissance molle
  • Repiquage trop tôt → casse des racines naissantes

Si vos boutures noircissent à la base, suspectez un excès d’eau et un manque d’aération. Si elles se flétrissent malgré un substrat humide, c’est souvent l’air trop sec ou la chaleur directe. Enfin, si la reprise est lente mais stable, ne “surcorrigez” pas : mieux vaut une humidité modérée constante qu’une alternance détrempé/sec.

Quand bouturer un framboisier pour maximiser les chances de réussite ?
Le plus simple est de viser fin d’hiver pour les boutures de racines (hors gel) et automne/fin d’hiver pour prélever des drageons. Les boutures de tiges se tentent plutôt au printemps (pousses tendres) ou en été (semi-aoûtées), avec contrôle de l’humidité.
Peut-on bouturer un framboisier remontant comme un non remontant ?
Oui pour les techniques de multiplication (drageons, racines, tiges) : elles ne dépendent pas directement du caractère remontant. En revanche, la taille après plantation diffère : vérifiez la conduite choisie (récolte d’automne seule ou double récolte).
Faut-il utiliser de l’hormone de bouturage ?
Ce n’est pas indispensable pour les drageons et boutures de racines. Pour les boutures de tiges, une hormone peut aider, mais le facteur n°1 reste l’équilibre air + humidité du substrat et une atmosphère qui limite le dessèchement.
Combien de temps avant de planter en pleine terre ?
Comptez souvent 4 à 8 semaines pour obtenir un enracinement correct selon la méthode, la température et la vigueur du matériel. Plantez en place quand le plant tient bien en godet (racines visibles, croissance régulière) et que les conditions extérieures ne sont pas extrêmes.
Pourquoi mes boutures reprennent puis meurent quelques semaines après ?
C’est typique d’un enracinement insuffisant au moment du repiquage, d’un stress hydrique (alternance sec/détrempé) ou d’un coup de chaleur. Vérifiez le drainage, paillez, et gardez une humidité stable les premières semaines en place.

À lire aussi