Combien coûte une radiographie ?
Le prix d’une radiographie varie beaucoup selon la zone examinée, le cabinet (secteur 1 ou 2) et les éventuels dépassements. Voici des repères fiables, et surtout la méthode pour estimer votre reste à charge avant l’examen.

🔑 À retenir
- En France, une radiographie se facture via des actes codés : le prix dépend du code, du secteur et des dépassements.
- La Sécurité sociale rembourse en règle générale 70% du tarif de base (hors franchise et dépassements), le reste étant souvent couvert par une mutuelle.
- Le « reste à charge » vient surtout des dépassements d’honoraires et de certains frais annexes (CD, consultation, copie d’images).
- En secteur 1, les tarifs sont encadrés : demandez le code de l’acte pour vérifier le montant.
- Avant l’examen, exigez un devis si un dépassement est prévu (obligatoire au-delà de certains montants) et comparez les centres.
Parler du « prix d’une radiographie » sans préciser laquelle, où, et dans quel cadre, mène presque toujours à de mauvaises surprises. Une radio du thorax, une radio dentaire et une radio du bassin n’ont ni les mêmes codes d’actes, ni les mêmes tarifs, ni les mêmes pratiques de dépassement.
Pour estimer ce que vous paierez réellement, il faut distinguer le tarif de base (référence Assurance maladie), le secteur du praticien (1 ou 2), et votre couverture (mutuelle, 100% santé/ALD, CSS, etc.). Ce guide vous donne des ordres de grandeur et une méthode concrète pour calculer votre reste à charge.
De quoi est fait le prix d’une radiographie (et pourquoi il varie)
En France, une radiographie est facturée sous forme d’actes codés (nomenclature), auxquels s’ajoutent parfois des honoraires liés à la structure. Le montant « affiché » peut donc différer du montant « remboursable ».
- Le type d’acte (zone du corps, nombre d’incidences/clichés, complexité).
- Le lieu : cabinet/centre d’imagerie, clinique, hôpital (public/privé).
- Le secteur : secteur 1 (tarifs encadrés), secteur 2 (dépassements possibles), non conventionné (plus rare).
- Le contexte : urgence, hospitalisation, parcours de soins, prescription médicale.
- Les frais périphériques : consultation associée, gravure CD/clé, copies papier, transmission sécurisée.
Prix moyens constatés : fourchettes utiles selon les radios
Les tarifs exacts dépendent des actes codés et des pratiques locales. Les fourchettes ci-dessous sont des repères réalistes pour une radiographie standard réalisée en ville (hors dépassements importants et hors situations très spécifiques).
| Type de radiographie (exemples) | Fourchette de prix généralement observée |
|---|---|
| Thorax (poumons) | Environ 30 à 70 € |
| Membre (main, poignet, cheville, pied) | Environ 25 à 80 € |
| Genou / épaule | Environ 30 à 90 € |
| Bassin / hanche | Environ 35 à 110 € |
| Rachis (cervical, dorsal, lombaire) | Environ 40 à 150 € (souvent plus si plusieurs segments) |
| Abdomen sans préparation | Environ 35 à 120 € |
| Dentaire (panoramique/retro-alvéolaire selon contexte) | Très variable : souvent 20 à 80 € en pratique, selon l’acte et le professionnel |
Hôpital public, clinique, centre d’imagerie : qui facture quoi ?
L’idée « à l’hôpital c’est gratuit » est trompeuse. En réalité, l’examen est facturé, puis pris en charge selon votre situation (Assurance maladie, mutuelle, éventuelle exonération). Le lieu influe surtout sur la présence de dépassements, les délais et la façon dont les frais annexes sont facturés.
Ce qui joue en votre faveur
- Hôpital public : dépassements moins fréquents ; prise en charge souvent plus lisible dans un parcours hospitalier.
- Centres d’imagerie en secteur 1 : tarifs encadrés, reste à charge souvent faible avec mutuelle.
- Certaines structures proposent l’envoi numérique des images sans frais additionnels (à vérifier).
Ce qui peut augmenter la facture
- Clinique privée ou centre en secteur 2 : dépassements possibles, parfois importants.
- Actes multiples (plusieurs segments du rachis, radios comparatives).
- Frais de supports (CD, impressions), consultations associées, demandes de duplicatas.
Remboursement : ce que paient la Sécurité sociale et la mutuelle
Pour une radiographie prescrite et réalisée dans les règles, l’Assurance maladie rembourse en général une part du tarif de base. Le pourcentage dépend du contexte (parcours de soins, exonération, etc.). Le plus courant est un remboursement à 70% du tarif de base, le reste relevant du ticket modérateur.
- La Sécurité sociale calcule son remboursement sur le tarif de base, pas sur le prix réellement facturé en cas de dépassement.
- Les dépassements d’honoraires (secteur 2) ne sont pas pris en charge par l’Assurance maladie ; ils peuvent l’être partiellement par votre mutuelle selon le contrat.
- Une franchise ou participation forfaitaire peut s’appliquer selon les règles en vigueur (montants et cas d’exonération à vérifier sur votre situation).
Calculer son reste à charge : méthode simple (avec exemples)
Pour éviter les surprises, procédez en trois étapes. Cette méthode fonctionne pour la majorité des radiographies en ville.
- Demandez le code de l’acte et le tarif facturé (ou un devis si dépassement).
- Identifiez le tarif de base correspondant (sur votre compte Ameli ou via le centre, qui doit pouvoir vous l’indiquer).
- Appliquez votre couverture : remboursement Assurance maladie sur le tarif de base, puis intervention de la mutuelle selon son niveau (notamment sur dépassements).
Exemple A (cas simple) : une radio facturée au tarif encadré en secteur 1. Vous payez souvent peu après remboursement et mutuelle, parfois seulement les participations restant dues.
Exemple B (cas courant en secteur 2) : une radio facturée avec 20 à 50 € de dépassement. La Sécurité sociale ne rembourse pas ce dépassement ; votre reste à charge dépendra donc presque entièrement de votre mutuelle (contrat en « pourcentage du tarif de base » ou forfait).
Sans ordonnance, urgence, ALD, CSS : les situations qui modifient le coût
Le prix facial de l’examen peut rester identique, mais la prise en charge change selon votre situation administrative et médicale.
- Avec ordonnance : c’est la situation la plus standard pour être remboursé selon les règles habituelles.
- Sans prescription : l’examen peut être moins bien remboursé, voire pas remboursé selon les cas (à clarifier avant de prendre rendez-vous).
- ALD, maternité, accident du travail/maladie professionnelle : certaines situations ouvrent une prise en charge renforcée (souvent sur la base des tarifs opposables).
- CSS (Complémentaire santé solidaire) : elle vise à limiter fortement le reste à charge et encadre les dépassements ; vérifiez l’acceptation et les conditions auprès du centre.
- Urgences/hospitalisation : la facturation s’intègre parfois au séjour ; demandez comment sera émis le décompte (séjour vs actes séparés).
Comment payer moins (légalement) : leviers concrets
La radiographie est un acte courant : vous avez souvent une marge de manœuvre, surtout hors urgence. L’objectif n’est pas de « marchander », mais d’éviter les dépassements inutiles et les frais annexes.
- Privilégiez un centre conventionné secteur 1 quand c’est possible (tarifs encadrés).
- Comparez : à prescription identique, demandez le montant total et l’existence d’un dépassement (deux appels suffisent souvent).
- Demandez si l’envoi des images se fait via portail sécurisé (souvent moins coûteux qu’un CD/film).
- Vérifiez que votre mutuelle couvre bien les dépassements (contrats exprimés en % du tarif de base ou en forfait annuel).
- Si dépassement important : demandez un devis écrit et voyez si un autre établissement proche peut réaliser l’examen dans des conditions tarifaires plus favorables.
Radiographie, scanner, IRM : ne pas confondre les niveaux de prix
Une radiographie (rayons X) est généralement l’examen d’imagerie le moins coûteux. Un scanner (TDM) et une IRM mobilisent des équipements plus lourds et se situent fréquemment sur des niveaux de facturation supérieurs. Si votre médecin hésite entre plusieurs examens, n’arbitrez pas uniquement sur le prix : l’indication médicale prime.